
Atteindre le « zéro dommage » lors d’un déménagement au Québec exige de passer d’une simple protection à une neutralisation active et systémique des risques.
- Les menaces ne sont pas aléatoires mais appartiennent à des catégories précises (climatiques, logistiques, humaines) qui peuvent être anticipées et contrées avec des protocoles spécifiques.
- La protection financière optimale ne réside pas dans le cumul des assurances, mais dans un choix éclairé entre l’assurance du déménageur et l’avenant de votre police habitation.
Recommandation : Adoptez une mentalité de gestionnaire de risques en cartographiant vos biens les plus vulnérables et en appliquant une checklist de contrôle rigoureuse à chaque étape du processus.
Un déménagement au Québec est souvent perçu comme une simple corvée logistique. Pour le client perfectionniste, cependant, c’est une opération à haut risque où chaque objet, du simple verre au meuble de famille, est exposé à une myriade de menaces. L’anxiété liée à la perte ou au dommage n’est pas irrationnelle ; elle est la conséquence d’une réalité où beaucoup de choses peuvent mal tourner. Face à cela, les conseils habituels fusent : « emballez bien », « choisissez une bonne compagnie », « prenez une assurance ». Ces recommandations, bien que sensées, traitent les symptômes mais ignorent la cause profonde. Elles relèvent d’une logique de protection passive, espérant que les couches de papier bulle et les polices d’assurance suffiront à amortir les chocs.
Mais si la véritable clé n’était pas de simplement protéger, mais de neutraliser activement chaque menace avant qu’elle ne se manifeste ? L’approche d’un consultant en gestion des risques n’est pas d’espérer le meilleur, mais de planifier pour le pire. Cela signifie décomposer le processus de déménagement en une série de risques identifiables et mesurables, puis déployer des contre-mesures spécifiques pour chacun. C’est passer d’une simple checklist de tâches à un véritable système de prévention multicouches qui couvre les intempéries, les accidents, les erreurs humaines et même le vol.
Cet article vous guidera à travers cette approche systémique. Nous allons d’abord cartographier les vecteurs de menace spécifiques au contexte québécois, puis nous analyserons les protections légales et financières à votre disposition. Enfin, nous déploierons des protocoles d’action concrets pour les biens les plus sensibles et les situations les plus critiques, afin de transformer votre déménagement d’une source de stress en une opération maîtrisée, visant un objectif unique : le zéro dommage.
Pour ceux qui souhaitent un aperçu des gestes essentiels pour éviter les accidents personnels, la vidéo suivante se concentre sur les bonnes postures et techniques pour déménager sans se blesser, un prérequis fondamental pour rester concentré sur la protection de vos biens.
Pour naviguer efficacement à travers cette stratégie de prévention complète, ce guide est structuré en plusieurs étapes clés. Chaque section aborde une facette spécifique du risque et vous fournit les outils pour le maîtriser. Le sommaire ci-dessous vous permettra d’accéder directement aux informations qui vous sont les plus cruciales.
Sommaire : La méthode complète pour un déménagement sans aucun dommage au Québec
- Les 7 catégories de risques qui menacent vos biens lors d’un déménagement au Québec
- Assurance déménagement au Québec : cumuler les deux ou choisir la meilleure pour économiser 200 $CAD
- L’erreur qui expose vos biens sensibles à -25°C ou +35°C durant un déménagement hivernal ou estival au Québec
- Qui paie quand un bien est endommagé lors d’un déménagement au Québec : les 4 cas de figure légaux
- La checklist en 23 points qui garantit zéro oubli et zéro dommage lors de votre déménagement au Québec
- Pourquoi les meubles en mélamine, l’électronique et la verrerie représentent 80% des dommages en déménagement au Québec
- Les 6 catégories de produits les plus volées dans les entrepôts québécois et pourquoi
- Comment évaluer le risque réel de dommages matériels lors de votre déménagement au Québec et choisir la protection adéquate
Les 7 catégories de risques qui menacent vos biens lors d’un déménagement au Québec
Pour neutraliser un risque, il faut d’abord le nommer et le comprendre. Un déménagement au Québec n’est pas une menace monolithique, mais un environnement où sept catégories distinctes de risques coexistent. Bien que les statistiques montrent un taux de satisfaction global de 83% pour le transport sans dommages, les 17% restants représentent des milliers d’incidents qui auraient pu être évités. La première étape d’une stratégie de prévention totale est de cartographier ces vecteurs de menace.
- Le risque climatique : Propre au Québec, il inclut le verglas surprise en avril, la canicule de juillet qui fragilise les appareils électroniques, ou les pluies diluviennes qui saturent les cartons.
- Le risque logistique : Il englobe les problèmes d’accès (cage d’escalier trop étroite), les contraintes de stationnement, ou une mauvaise planification du trajet.
- Le risque humain (erreur et fatigue) : C’est la cause la plus fréquente de dommages. Un déménageur épuisé, un ami bien intentionné mais inexpérimenté, ou une simple seconde d’inattention.
- Le risque structurel (fragilité de l’objet) : Certains biens sont intrinsèquement plus à risque. Nous y reviendrons en détail.
- Le risque de transport : Vibrations sur la route, freinage d’urgence, mauvais arrimage des boîtes dans le camion.
- Le risque criminel : Le vol, que ce soit à la sauvette durant le chargement ou de manière organisée dans un entrepôt.
- Le risque administratif : Un oubli de changement d’adresse qui entraîne des pertes de documents importants, ou une méconnaissance des règlements municipaux.
Ce portrait rapproché d’un déménageur illustre parfaitement le facteur humain : la fatigue est un ennemi silencieux mais redoutable, augmentant de manière exponentielle le risque d’erreurs et d’accidents.

Comprendre que ces risques ne sont pas le fruit du hasard mais des catégories bien définies permet de passer d’une posture réactive à une stratégie proactive. Pour chaque catégorie, il existe une série de contre-mesures spécifiques à mettre en place. Par exemple, pour le risque logistique, des actions simples comme une demande de prêt de tréteaux au 311 pour réserver l’espace de stationnement peuvent éliminer une source majeure de stress et de danger le jour J.
Cette cartographie est le point de départ. Elle transforme une anxiété diffuse en une liste de problèmes concrets, chacun ayant sa propre solution.
Assurance déménagement au Québec : cumuler les deux ou choisir la meilleure pour économiser 200 $CAD
Une fois les risques physiques identifiés, la deuxième couche de protection est financière. La question des assurances est cruciale, mais souvent mal comprise. Beaucoup pensent qu’il faut cumuler l’assurance de base du déménageur avec sa propre assurance habitation, une approche qui peut s’avérer à la fois coûteuse et redondante. La clé est de comprendre ce que chaque option couvre réellement pour faire un choix éclairé et potentiellement économiser jusqu’à 200 $CAD en primes inutiles.
L’assurance habitation (police de propriétaire ou de locataire) inclut souvent un avenant qui couvre vos biens « hors des lieux assurés », y compris durant un transport. C’est souvent l’option la plus complète, mais elle doit être vérifiée et activée auprès de votre assureur. De leur côté, les déménageurs professionnels au Québec ont une obligation légale d’offrir une protection de base. Cependant, cette protection est minimale et ne doit jamais être considérée comme une véritable assurance. Le tableau suivant, basé sur les standards de l’industrie, clarifie les options offertes par les déménageurs.
| Type de protection | Couverture | Coût approximatif | Avantages |
|---|---|---|---|
| Protection de base | 0,60 $ par livre | Incluse | Sans frais supplémentaires |
| Protection à valeur déclarée | Variable (ex: 1,50 $ par 100 $ de valeur) | Variable | Couverture selon valeur réelle déclarée |
| Protection complète | Valeur totale déclarée | Plus élevé | Protection maximale via le déménageur |
La « protection de base » de 0,60 $/livre est notoirement insuffisante. Pour un téléviseur moderne de 20 livres d’une valeur de 1500 $, vous ne seriez indemnisé que de 12 $. C’est pourquoi le choix stratégique est le suivant : soit vous activez l’avenant « déménagement » de votre assurance habitation qui couvrira la valeur réelle de vos biens, soit, si ce n’est pas possible, vous optez pour la « protection à valeur déclarée » ou « complète » auprès du déménageur pour les objets de grande valeur. Cumuler les deux est rarement judicieux. La localisation de votre nouveau logement peut aussi influencer votre prime d’assurance habitation, des facteurs comme la proximité d’une rivière ou les statistiques de criminalité du quartier étant pris en compte.
L’approche du gestionnaire de risques consiste à choisir la couverture adéquate pour le risque réel, sans payer pour des protections redondantes.
L’erreur qui expose vos biens sensibles à -25°C ou +35°C durant un déménagement hivernal ou estival au Québec
Le climat québécois n’est pas un simple inconvénient, c’est un acteur à part entière de votre déménagement. L’erreur la plus courante et la plus destructrice est de sous-estimer l’impact des températures extrêmes sur vos biens les plus sensibles. Un déménagement en janvier à Québec, où le thermomètre peut descendre à -26°C, ou en plein mois de juillet sous une canicule de +35°C, ne se gère pas de la même manière. Exposer une télévision, un ordinateur ou une œuvre d’art à un choc thermique violent est le meilleur moyen de provoquer des dommages irréversibles, même sans le moindre impact physique.
En hiver, le principal danger est la condensation. Un appareil électronique qui passe de -25°C dans le camion à +22°C dans votre nouveau salon verra de la condensation se former sur ses circuits internes. Le brancher prématurément peut causer un court-circuit fatal. En été, le risque est la surchauffe. Les plastiques peuvent se déformer, les soudures peuvent être fragilisées et les batteries peuvent subir des dommages permanents. L’erreur est de traiter tous les cartons de la même manière, sans isoler thermiquement les objets vulnérables.
La solution réside dans un protocole de gestion thermique en deux temps :
- Isolation pendant le transport : Pour les objets les plus critiques, il est impératif de créer une barrière thermique. Utiliser des couvertures de survie (isothermes) pour envelopper les boîtes contenant de l’électronique est une solution peu coûteuse et très efficace. Pour les pièces de grande valeur, la construction d’un petit caisson avec des panneaux de styromousse peut garantir une température plus stable.
- Acclimatation à l’arrivée : C’est l’étape la plus cruciale et la plus souvent oubliée. Tout appareil électronique ayant transité par des températures négatives doit impérativement reposer à température ambiante pendant au moins 12 à 24 heures avant d’être branché. Cette période permet à toute condensation interne de s’évaporer. Marquez clairement les boîtes concernées d’un « NE PAS BRANCHER AVANT 24H ».
N’oubliez pas non plus, avant même de faire les boîtes, de vérifier la compatibilité de vos appareils avec le voltage de 110V utilisé au Canada si vous arrivez de l’étranger. Cette simple vérification peut vous éviter de griller un appareil précieux.
Ignorer le climat québécois n’est pas une option. L’intégrer à votre planification est la marque d’une stratégie de prévention réussie.
Qui paie quand un bien est endommagé lors d’un déménagement au Québec : les 4 cas de figure légaux
En cas de dommage, l’une des questions les plus stressantes est : « Qui va payer ? ». La réponse n’est pas toujours simple et dépend des circonstances exactes du bris. Comprendre les 4 principaux cas de figure légaux au Québec vous permet non seulement de savoir comment réagir, mais aussi d’anticiper et de documenter les choses correctement pour faire valoir vos droits. La confusion sur la responsabilité est une source de litiges majeure, un stress que le client perfectionniste veut absolument éviter.
Cette question de la responsabilité est d’autant plus sensible dans un contexte locatif où les tensions peuvent être vives. Un sondage de la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ) révèle que les dommages matériels sont une préoccupation majeure, avec 56% des propriétaires victimes d’un logement laissé en mauvais état au cours des deux dernières années. Voici les scénarios de responsabilité :
- Le dommage est causé par le déménageur professionnel : C’est le cas le plus simple en apparence. L’entreprise est responsable. Cependant, l’indemnisation dépendra du niveau de protection que vous avez choisi (voir section précédente). Sans valeur déclarée, vous n’obtiendrez que 0,60 $/livre. Action clé : inspectez vos biens AVANT que les déménageurs ne partent et notez tout dommage sur le bon de livraison (le contrat) AVANT de le signer. Une fois signé sans réserve, il devient très difficile de prouver que le dommage a eu lieu durant le transport.
- Vous avez emballé vous-même la boîte (PBO – Packed By Owner) : Si vous avez emballé une boîte et que le contenu est brisé sans que le carton ne présente de dommage extérieur, le déménageur peut décliner toute responsabilité. Il argumentera que le dommage est dû à un mauvais emballage. Action clé : Laissez les déménageurs emballer les objets les plus précieux (verrerie, œuvres d’art). Le coût supplémentaire est une assurance contre ce type de litige.
- Le dommage est causé par vous ou vos amis : Si vous effectuez le déménagement vous-même, la responsabilité vous incombe. Votre assurance habitation pourrait couvrir les dommages si vous avez l’avenant approprié, mais il faut vérifier les exclusions (par exemple, les dommages causés par négligence).
- Le cas de force majeure : Un accident de la route non responsable, une inondation soudaine, un incendie… Dans ces situations exceptionnelles et imprévisibles, la responsabilité du déménageur peut être écartée. C’est ici que votre assurance habitation personnelle devient votre seule protection.
Connaître ces règles du jeu transforme une situation potentiellement conflictuelle en une procédure claire, où vos droits sont protégés par une préparation adéquate.
La checklist en 23 points qui garantit zéro oubli et zéro dommage lors de votre déménagement au Québec
La stratégie de neutralisation des risques culmine dans son exécution. Une planification parfaite est inutile si elle n’est pas appliquée avec rigueur le jour J. Pour le client qui vise le zéro défaut, la simple « to-do list » ne suffit pas. Il faut un véritable système de contrôle, une checklist exhaustive qui transforme les principes de prévention en actions concrètes et vérifiables. Cette checklist en 23 points, divisée en trois phases critiques, est votre plan de match pour une maîtrise totale du processus.
La méthode est inspirée des meilleures pratiques de l’industrie, notamment celles recommandées par des organismes comme CAA-Québec. Elle intègre des points de contrôle à chaque étape pour ne rien laisser au hasard.
Phase 1 : Pré-déménagement (8 semaines à 1 semaine avant)
- Faire le tri complet de ses biens : donner, vendre, jeter.
- Organiser une vente-débarras ou mettre en vente en ligne (Kijiji, Marketplace).
- Faire un inventaire photographique détaillé de tous les objets de valeur et de leur état.
- Contacter son assureur pour vérifier et activer l’avenant déménagement.
- Réserver son entreprise de déménagement après vérification de ses licences et assurances.
- Commencer à emballer les biens non essentiels (livres, vêtements hors saison).
- Utiliser le Service québécois de changement d’adresse pour notifier 6 organismes d’un coup.
- Prévenir Hydro-Québec, votre fournisseur internet et Postes Canada.
Phase 2 : Le Jour-J (et la veille)
- Préparer une « boîte de première nuit » avec le nécessaire (chargeurs, médicaments, etc.).
- Sceller chaque boîte et vérifier qu’elle ne soit pas trop lourde.
- Identifier chaque boîte avec la pièce de destination ET un code de fragilité (ex: rouge = très fragile).
- Protéger les sols et les cadres de porte pour éviter les égratignures.
- Faire une dernière ronde d’inspection de l’ancien logement (placards, tiroirs).
- Prendre une photo du sceau de sécurité du camion si utilisé.
- Accompagner les déménageurs et agir comme « chef de la circulation » dans le nouveau logement.
- Inspecter les meubles et objets majeurs AVANT de signer la facture finale.
Phase 3 : Post-déménagement (la première semaine)
- Vérifier le fonctionnement des appareils électroniques (après acclimatation).
- Monter les meubles sur des patins de feutre pour protéger les nouveaux sols.
- Déballer méthodiquement, pièce par pièce.
- Conserver toutes les factures et contrats liés au déménagement pendant au moins un an.
- Mettre en place votre système de rangement définitif.
- Utiliser le service de collecte gratuite de votre municipalité pour vous débarrasser des objets encombrants restants.
- Faire une dernière vérification de votre inventaire photographique.
Cette approche méthodique est la clé. L’inventaire et la documentation sont des tâches non négociables pour une gestion de risque efficace.

Avant même de commencer cette grande liste, un audit initial de votre préparation est nécessaire. La checklist suivante vous permet de valider que les fondations de votre stratégie sont solides.
Votre plan d’action pour un audit de préparation au déménagement
- Points de contact : Listez tous les services à notifier (Hydro-Québec, assurances, SQCA, écoles, employeur) et fixez des dates pour chaque appel.
- Collecte et inventaire : Photographiez chaque meuble de valeur et chaque appareil électronique. Créez un document partagé avec ces photos et une description de leur état actuel.
- Cohérence de la protection : Confrontez votre police d’assurance habitation (avenant déménagement) avec le contrat du déménageur. Identifiez les zones grises et les exclusions.
- Évaluation de la fragilité : Créez une liste de tous les biens « à risque élevé » (verrerie, électronique, mélamine, art) et décidez pour chacun s’il sera emballé par vous ou par les professionnels.
- Plan de neutralisation : Pour chaque risque identifié (ex: escalier étroit, météo incertaine), écrivez une phrase décrivant votre plan B ou votre contre-mesure.
C’est la discipline dans l’exécution de ce plan, et non la chance, qui assurera un déménagement sans dommage.
Pourquoi les meubles en mélamine, l’électronique et la verrerie représentent 80% des dommages en déménagement au Québec
La loi de Pareto s’applique parfaitement aux déménagements : une minorité de vos biens est responsable de la grande majorité des problèmes. En identifiant ces catégories « à haut risque », vous pouvez concentrer vos efforts de prévention là où ils auront le plus d’impact. Au Québec, trois types d’articles se détachent nettement : les meubles en mélamine, l’électronique et la verrerie. Comprendre leur vulnérabilité intrinsèque est la clé pour les protéger efficacement.
Ces objets sont souvent au cœur des incidents, non seulement matériels mais aussi humains. Le poids et la mauvaise prise de certains meubles sont une cause majeure de blessures. Selon l’Association des chiropraticiens du Québec, près d’un Québécois sur cinq se serait déjà blessé lors d’un déménagement, souvent en manipulant des objets lourds et mal équilibrés.
- Les meubles en mélamine et en panneaux de particules : Très populaires pour leur coût, ces meubles sont les pires ennemis du déménageur. Leur structure n’est pas conçue pour supporter les torsions et les vibrations d’un transport. Les vis s’arrachent facilement, les coins s’effritent et les panneaux se fendent sous la pression. Protocole de neutralisation : La seule méthode sûre est le démontage. Démontez systématiquement tout ce qui peut l’être (portes, tablettes, tiroirs). Protégez chaque pièce individuellement et placez toute la quincaillerie dans un sac étiqueté et scotché à la pièce principale. Ne jamais essayer de soulever une grande bibliothèque en mélamine d’un seul bloc.
- L’électronique : Comme nous l’avons vu, leur sensibilité au choc thermique est un risque majeur. Mais il y a aussi le risque physique. Les écrans plats sont extrêmement fragiles et une simple pression peut détruire les cristaux liquides. Protocole de neutralisation : La meilleure protection est l’emballage d’origine. Si vous ne l’avez plus, investissez dans une boîte spéciale pour téléviseur avec inserts en mousse. Pour les autres appareils, utilisez un double emballage : une première couche de papier bulle, puis placez l’objet dans une boîte solide remplie de matériel de calage.
- La verrerie et la vaisselle : Le problème vient souvent d’un mauvais emballage et d’une mauvaise répartition du poids. Une boîte remplie uniquement de livres est un cauchemar à soulever, tandis qu’une boîte remplie uniquement de verres est trop légère et risque d’être écrasée. Protocole de neutralisation : Chaque verre, assiette ou objet fragile doit être emballé individuellement dans du papier d’emballage. Utilisez des cartons avec des séparateurs (diviseurs). La règle d’or, comme le rappellent les physiothérapeutes, est de bien répartir la charge en mélangeant objets lourds et légers dans une même boîte.
Concentrer vos efforts sur ces trois catégories est la stratégie la plus efficace pour réduire drastiquement le risque de dommages.
Les 6 catégories de produits les plus volées dans les entrepôts québécois et pourquoi
Un risque souvent sous-estimé dans un projet de déménagement, surtout s’il implique une période d’entreposage, est le vol. Avec plus de 658 000 personnes ayant changé d’adresse au Québec en 2023, la masse de biens en transit représente une cible de choix. Les voleurs, qu’ils soient opportunistes ou organisés, ne choisissent pas leurs cibles au hasard. Ils recherchent des objets faciles à revendre, difficiles à tracer et de petite taille. Connaître les catégories les plus ciblées vous permet de mettre en place des stratégies de camouflage et de protection efficaces.
Voici les 6 catégories de produits qui attirent le plus la convoitise dans les camions et les entrepôts :
- Outils électriques et manuels : De grande valeur, faciles à revendre sur les marchés de l’occasion et souvent regroupés dans une même boîte.
- Consoles de jeux et jeux vidéo : Des objets standardisés, très demandés et dont la valeur est bien connue.
- Petits appareils électroniques : Ordinateurs portables, tablettes, appareils photo, casques d’écoute haut de gamme.
- Alcools et vins de collection : Des bouteilles de grande valeur qui peuvent être facilement dissimulées.
- Bijoux et montres : La cible la plus évidente, souvent placée dans une petite boîte facile à subtiliser.
- Articles de sport de marque : Vélos haut de gamme, équipements de ski ou de hockey de valeur.
La principale erreur qui facilite le travail des voleurs est l’étiquetage explicite des boîtes. Une boîte marquée « Outils Milwaukee », « PS5 » ou « Cave à vin » devient une cible prioritaire. La stratégie de neutralisation repose sur l’anonymat et le pistage.
Stratégies de camouflage et de protection anti-vol
- Ne jamais étiqueter une boîte avec son contenu explicite. Évitez à tout prix les marques et les descriptions précises.
- Utiliser un système de codage personnel. Optez pour des codes neutres comme « Cuisine-01 », « ChambreFils-03 » ou un système de couleurs. Seul votre inventaire personnel fait le lien entre le code et le contenu.
- Placer des traqueurs GPS dissimulés. Des dispositifs comme les AirTags ou les Tiles, cachés au fond d’une boîte contenant des objets de valeur ou dans un meuble, sont un excellent moyen de dissuasion et de récupération.
- Utiliser des scellés de sécurité numérotés. Pour les boîtes les plus sensibles, un scellé en plastique numéroté dont vous avez photographié le numéro avant le départ est une preuve irréfutable d’une ouverture non autorisée.
- Transporter les objets irremplaçables personnellement. Les bijoux, les documents importants (passeports, titres de propriété) et les disques durs de sauvegarde doivent toujours rester avec vous dans votre véhicule personnel.
La meilleure sécurité n’est pas une forteresse, mais l’invisibilité.
À retenir
- Anticipation systémique : Le « zéro dommage » s’atteint en cartographiant les sept catégories de risques spécifiques au Québec (climatique, humain, logistique, etc.) et en déployant des contre-mesures pour chacune.
- Protection financière optimisée : L’analyse comparative de votre assurance habitation et des offres du déménageur est essentielle pour obtenir une couverture maximale sans payer pour des protections redondantes.
- Exécution rigoureuse : Une checklist de contrôle exhaustive, appliquée en trois phases (avant, pendant, après), est l’outil ultime pour transformer la stratégie en une réalité sans faille.
Comment évaluer le risque réel de dommages matériels lors de votre déménagement au Québec et choisir la protection adéquate
Nous avons cartographié les menaces, analysé les protections et détaillé les protocoles. L’étape finale est de synthétiser cette approche en une évaluation personnelle du risque. Chaque déménagement est unique. Votre tolérance au risque, la nature de vos biens et les spécificités de votre trajet (un déménagement local à Montréal vs un trajet Québec-Gaspé en février) dictent le niveau de protection adéquat. Une stratégie de prévention complète ne signifie pas appliquer aveuglément toutes les mesures, mais choisir intelligemment celles qui sont pertinentes pour votre situation.
L’évaluation du risque réel se fait en croisant deux axes : la valeur financière de vos biens et leur valeur sentimentale ou irremplaçable. Un meuble IKEA a une faible valeur financière et est facilement remplaçable. Une commode héritée de votre grand-mère a une valeur sentimentale inestimable. Un ordinateur contenant votre travail a une valeur fonctionnelle critique. Pour chaque objet majeur, posez-vous la question : « Quel serait l’impact réel de sa perte ou de sa destruction ? ». Cette évaluation vous guidera dans le choix du niveau de protection d’assurance et dans la rigueur de vos protocoles d’emballage.
Cette planification méthodique permet d’organiser l’espace et de visualiser les zones à risque, transformant le chaos potentiel en un processus maîtrisé.

Enfin, il ne faut jamais oublier le facteur humain et psychologique, qui est un risque en soi. Un déménagement est une source de stress intense qui peut altérer le jugement. Comme le souligne justement Pierre-Olivier Cyr du Clan Panneton dans une entrevue au Devoir, l’aspect émotionnel est omniprésent.
La détresse psychologique est présente. Les déménageurs ne sont pas des psychologues, mais souvent on est pris avec la détresse des gens qui ne savent pas nécessairement où ils s’en vont.
– Pierre-Olivier Cyr, Le Clan Panneton – Le Devoir
Cette détresse peut conduire à la précipitation et à l’erreur. Adopter une stratégie de gestion des risques, c’est aussi un moyen de réduire cette charge mentale, en remplaçant l’incertitude par un plan d’action clair et maîtrisé.
En adoptant cette posture de consultant en gestion des risques pour votre propre déménagement, vous ne vous contentez pas de déplacer des boîtes. Vous pilotez un projet complexe vers son unique objectif acceptable : une arrivée à destination sans le moindre dommage, matériel comme psychologique.